La micro-entreprise est simple et rapide. Le régime réel permet de déduire ses charges et payer moins d'impôts. À quel moment faut-il basculer ? Comparatif complet pour faire le bon choix selon votre chiffre d'affaires.
| Critère | Micro-entreprise | Régime réel (EI/EURL) |
|---|---|---|
| Plafond CA | 77 700€/an (services BTP) | Pas de plafond |
| Cotisations sociales | ~21.34% du CA total | ~45% du bénéfice (CA - charges) |
| Charges déductibles | Non (abattement forfaitaire 50%) | Oui (toutes les charges réelles) |
| TVA | Franchise possible (< 37 500 €) | Assujetti (récupération TVA) |
| Loi Madelin | Non | Oui (déduction mutuelle, PER, prévoyance) |
| Comptabilité | Livre de recettes uniquement | Bilan + compte de résultat |
| Expert-comptable | Pas nécessaire | Recommandé (1 000-2 500€/an, déductible) |
| Embauche | Possible mais pas rentable | Oui (charges salariales déductibles) |
| Création | Gratuit, en 10 min en ligne | EURL ~200-500€ (ou Legalstart ~99€) |
Micro : 77 700€
Réel : Aucun
Micro : 21.34% du CA
Réel : 45% du bénéfice
Micro : Non
Réel : Oui
Micro : Non
Réel : Oui
Micro : Simple
Réel : Complète
Artisan BTP avec 30% de charges (matériaux, véhicule, assurances).
| CA annuel | Impôt + cotisations MICRO | Impôt + cotisations RÉEL | Économie au réel |
|---|---|---|---|
| 25 000€ | ~7 500€ | ~8 200€ | -700€ (micro gagne) |
| 40 000€ | ~12 800€ | ~11 500€ | +1 300€ |
| 60 000€ | ~20 400€ | ~16 200€ | +4 200€ |
| 77 000€ | ~27 000€ | ~20 100€ | +6 900€ |
* Estimation pour un artisan célibataire, tranche à 30%, avec 30% de charges. Résultat variable selon votre situation.
Votre CA dépasse 35-40 000€/an
À ce niveau, vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire de 50%. Le réel devient plus avantageux.
Vous achetez beaucoup de matériaux
En micro, la TVA sur vos achats est perdue. Au réel, vous la récupérez (20% d'économie sur chaque achat).
Vous voulez embaucher
En micro, les charges salariales ne sont pas déductibles. Au réel, elles le sont intégralement.
Vous payez cher en mutuelle/prévoyance
La loi Madelin (réel uniquement) permet de déduire ces cotisations. Économie immédiate sur l'impôt.
Vous investissez (véhicule, outillage)
Les amortissements sont déductibles au réel. Un véhicule utilitaire à 30 000€ = ~6 000€ d'économie d'impôt sur 5 ans.
Créez votre EURL en ligne en quelques minutes. Legalstart s'occupe de toutes les formalités administratives.
Voici trois profils d'artisans BTP avec des niveaux de charges différents. Les montants sont des estimations pour un artisan célibataire, imposé à la tranche à 30%.
Charges réelles : 6 000€/an (assurance décennale 1 800€, véhicule 2 400€, petit outillage 1 800€). Peu de matériaux achetés, surtout de la main-d'œuvre.
En micro-entreprise
Au régime réel
Verdict : la micro gagne (+5 100€). Avec peu de charges (20% du CA), l'abattement forfaitaire de 50% est plus généreux que vos charges réelles. Restez en micro.
Charges réelles : 20 000€/an (matériaux 8 000€, assurances 3 200€, véhicule utilitaire 4 800€, outillage pro 2 000€, mutuelle Madelin 2 000€). Beaucoup de fournitures achetées avec TVA.
En micro-entreprise
Au régime réel
Verdict : le réel gagne (+1 150€). Avec 40% de charges, la déduction des charges réelles + Madelin + récupération TVA dépasse l'abattement micro. L'écart se creuse chaque année.
Charges réelles : 45 000€/an (salarié 24 000€ brut chargé, matériaux 10 000€, location engin 4 000€, assurances 3 500€, véhicule 3 500€). Dépasse le plafond micro de toute façon.
En micro (si c'était possible)
Au régime réel
Verdict : le réel gagne largement (+31 750€). Avec 56% de charges et un salarié, la micro-entreprise serait catastrophique. Le régime réel vous fait économiser l'équivalent d'un salaire entier.
Si vos charges réelles représentent moins de 30% de votre CA, restez en micro. Si elles représentent entre 30% et 50%, faites le calcul précis (demandez à votre expert-comptable). Si elles dépassent 50% de votre CA, passez au réel sans hésiter — chaque mois en micro vous coûte de l'argent.
Certains moments de la vie d'un artisan sont des déclencheurs clairs. Si vous vous reconnaissez dans au moins deux de ces situations, il est temps de consulter un expert-comptable.
Vous refusez des chantiers pour rester sous le plafond
Si vous freinez votre activité exprès pour ne pas dépasser 77 700€, vous perdez de l'argent. Le plafond micro ne doit jamais limiter votre croissance.
Vos factures de matériaux explosent
Un carreleur ou un maçon achète souvent 30 à 50% de matériaux. En micro, cette TVA est perdue. Au réel, vous récupérez 20% sur chaque facture fournisseur.
Vous voulez sous-traiter un autre artisan
En micro, la sous-traitance est comptée dans votre CA mais n'est pas déductible. Sur un chantier à 15 000€ dont 8 000€ de sous-traitance, vous payez des cotisations sur 15 000€ au lieu de 7 000€.
Votre conjoint travaille avec vous
En EURL, le conjoint collaborateur ou salarié est un avantage fiscal. En micro, la rémunération du conjoint n'est pas déductible. Si votre couple travaille ensemble, le réel est presque toujours gagnant.
Vous avez un crédit véhicule ou matériel
Les intérêts d'emprunt professionnel sont déductibles au réel. Un crédit de 25 000€ à 5% = 1 250€/an d'intérêts déductibles les premières années. En micro, vous payez ce crédit avec de l'argent déjà taxé.
Vous payez plus de 2 000€/an de mutuelle et prévoyance
La loi Madelin permet de déduire la mutuelle, la prévoyance décès-invalidité et les cotisations retraite complémentaire. Un artisan qui paye 3 500€/an de Madelin économise ~1 050€ d'impôt (tranche à 30%).
Vous envisagez d'embaucher un apprenti
L'apprentissage en micro est un casse-tête fiscal. Au réel, le salaire de l'apprenti est déductible, et vous bénéficiez d'aides à l'embauche (6 000€ la première année). L'apprenti peut se financer presque tout seul.
Vous voulez vendre votre entreprise un jour
Une micro-entreprise ne se vend pas (pas de fonds de commerce, pas de clientèle valorisable). Une EURL avec 5 ans de bilans, un fichier clients et un historique de CA se revend entre 50% et 100% du CA annuel.
Le changement de régime prend effet au 1er janvier de l'année suivante. Vous devez envoyer votre demande au Service des Impôts des Entreprises (SIE) avant le 1er février de l'année de bascule. Concrètement, si vous décidez en octobre 2026, vous devez envoyer le courrier avant le 1er février 2027 pour être au réel à partir du 1er janvier 2027. Anticipez : prenez rendez-vous avec un expert-comptable dès septembre pour préparer la transition sereinement.
Le plafond micro-BTP est de 77 700€/an pour les prestations de services. Au-delà, vous basculez automatiquement au régime réel. Mais le seuil de rentabilité pour passer volontairement est souvent bien plus bas : dès 30 000-40 000€ de CA si vous avez des charges importantes (matériaux, véhicule, local, assurances). En micro, l'abattement forfaitaire est de 50% — si vos charges réelles dépassent 50% du CA, le réel est plus avantageux.
Oui, un micro-entrepreneur peut légalement embaucher des salariés. Mais c'est rarement intéressant : les charges salariales ne sont pas déductibles du CA en micro (l'abattement est forfaitaire). Concrètement, vous payez des cotisations sur un CA qui inclut déjà le coût du salarié. C'est une double peine. Dès que vous envisagez d'embaucher, passez au régime réel ou créez une EURL/SASU.
EURL (ou EI au réel) : vous êtes TNS (travailleur non-salarié), cotisations ~45% du bénéfice, protection sociale SSI, droit à la loi Madelin (déduction mutuelle/prévoyance/retraite). SASU : vous êtes assimilé salarié, cotisations ~65-80% du salaire brut, protection sociale du régime général, pas de Madelin mais bulletins de paie. Pour la majorité des artisans BTP, l'EURL est plus avantageuse (moins de charges). La SASU se justifie si vous voulez vous verser des dividendes (IS) ou si vous êtes au chômage (maintien ARE).
Le taux est similaire (~21.34% en micro vs ~45% du bénéfice au réel), mais la base de calcul change tout. En micro : 21.34% du CA total (sans déduire les charges). Au réel : ~45% du bénéfice (CA - charges). Exemple : CA de 60 000€ avec 25 000€ de charges. En micro : 21.34% x 60 000 = 12 804€. Au réel : 45% x 35 000 = 15 750€. Le micro semble moins cher, MAIS au réel vous déduisez aussi votre mutuelle (Madelin), PER, etc. Bilan final souvent en faveur du réel.
Deux cas : 1) Dépassement du plafond (77 700€) → bascule automatique au 1er janvier de l'année suivante. 2) Choix volontaire → option pour le régime réel en envoyant un courrier au SIE (Service des Impôts des Entreprises) avant le 1er février de l'année. L'option est valable 2 ans minimum. Pour créer une EURL/SASU, vous devez d'abord radier votre micro et créer la nouvelle structure. Un service comme Legalstart simplifie toutes ces démarches.
Oui, mais c'est gérable. Au régime réel simplifié, vous devez : tenir une comptabilité (recettes, dépenses, bilan), faire une déclaration de résultat annuelle (liasse fiscale), et déclarer la TVA (si assujetti). Un expert-comptable coûte 1 000 à 2 500€/an mais c'est une charge déductible. Et les logiciels comme Indy ou Tiime automatisent la comptabilité à moindre coût. Le surcoût comptable est largement compensé par les économies fiscales dès 35-40K€ de CA.