Par l'équipe Prozissimo·Publié le ·8 min de lecture
Depuis 2023, les travailleurs non salariés n'ont plus à faire deux déclarations distinctes (fiscale et sociale). Tout passe désormais par une seule déclaration : la DSFU — déclaration sociale et fiscale unifiée — intégrée à la 2042-C-PRO. Pour les revenus 2025 à déclarer en 2026, voici un guide pratique : les rubriques à remplir, le calendrier, les erreurs courantes à éviter, et comment automatiser le tout pour gagner du temps.
Avant 2023, un travailleur indépendant devait faire deux déclarations chaque année. Une déclaration fiscale (formulaire 2042 + 2042-C-PRO pour les revenus pro) auprès de l'administration fiscale, pour le calcul de l'impôt sur le revenu. Et une DSI — déclaration sociale des indépendants — auprès de l'URSSAF, pour le calcul des cotisations sociales. Cette double déclaration générait des risques d'incohérence (revenus différents entre les deux), de la double saisie, et des erreurs fréquentes. La DSFU, lancée pour les revenus 2023, fusionne ces deux déclarations en une seule. Aujourd'hui, vous ne remplissez qu'un seul formulaire : la 2042-C-PRO, étendue pour intégrer les rubriques sociales (cotisations versées, exonérations, statut conjoint, choix de prestations, etc.). Les données sont ensuite transmises automatiquement par l'administration fiscale à l'URSSAF pour le calcul de vos cotisations. Pour les revenus 2025 (déclarés en 2026), la DSFU s'applique avec une nouveauté importante : le calcul des cotisations utilise la nouvelle assiette unique issue de la réforme — voir notre guide dédié à la réforme de l'assiette sociale TNS.
La 2042-C-PRO contient désormais plusieurs sections dédiées aux indépendants. Section "Revenus des professions non salariées" : vous y indiquez votre régime fiscal (BIC, BNC, BA), le montant de votre bénéfice ou déficit, le chiffre d'affaires en cas de régime micro. Section "Cotisations sociales obligatoires" : montant total des cotisations sociales versées en 2025, à reporter pour le calcul de la régularisation. Section "Cotisations Madelin" : versements effectués sur vos contrats Madelin (retraite, prévoyance, mutuelle, perte d'emploi), avec les plafonds applicables. Section "Conjoint collaborateur" : indication du statut, des cotisations versées pour le conjoint, et de la base de calcul choisie (ce qui détermine ses droits sociaux et le coût pour l'entreprise). Section "Exonérations et abattements" : ZRR, ZFU, exonérations spécifiques, abattements jeunes agriculteurs ou jeunes artisans le cas échéant. Section "Choix de prestations" : options pour les indemnités journalières, la prévoyance complémentaire, etc. Une section spécifique demande désormais le montant des dividendes éventuellement versés (pour les gérants majoritaires de SARL/EURL), qui sont en partie soumis à cotisations sociales depuis 2013.
La DSFU s'adapte à chaque statut, mais quelques particularités méritent attention. Entreprise individuelle (EI) classique : c'est le cas le plus simple. Vous déclarez votre bénéfice professionnel (BIC ou BNC selon l'activité), et les cotisations sont calculées sur ce bénéfice après abattement de 26 %. EI avec option pour l'impôt société (depuis 2022) : si vous avez opté pour l'IS au niveau de votre EI, vous déclarez votre rémunération comme dirigeant (et non plus le bénéfice). EURL avec gérant majoritaire : vous déclarez votre rémunération de gérance + d'éventuels dividendes au-delà de 10 % du capital (qui sont soumis aux cotisations sociales TNS). SARL avec gérant majoritaire : idem que l'EURL. SARL avec gérant minoritaire : le gérant est assimilé salarié, il déclare son salaire dans les revenus de traitement et salaires, pas dans la 2042-C-PRO. Profession libérale (BNC) : déclaration spécifique avec rubriques propres aux libéraux (BNC contrôlé, déclaration 2035). Conjoint collaborateur : sa cotisation est calculée selon la base choisie (forfait, ou pourcentage du revenu du chef d'entreprise). Sa déclaration est intégrée à celle du chef d'entreprise.
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La déclaration des revenus 2025 (DSFU) suit le calendrier fiscal habituel, avec des dates variables selon votre département. Pour la déclaration en ligne, les dates limites 2026 se situent entre fin mai et début juin selon votre département : départements 01 à 19 et non-résidents : autour du 25 mai 2026. Départements 20 à 54 : autour du 1er juin 2026. Départements 55 à 974/976 : autour du 8 juin 2026. La déclaration en ligne est obligatoire pour quasiment tous les indépendants — la version papier reste possible uniquement pour les personnes sans accès internet, avec une date limite plus précoce (autour du 20 mai 2026). Après votre déclaration : régularisation des cotisations sociales à l'automne 2026 (généralement octobre-novembre), avec recalcul des appels provisionnels 2026 et 2027. Si la nouvelle assiette unique génère un trop-perçu sur vos provisionnels, vous recevrez un remboursement ou un crédit imputé sur les prochaines échéances. Avis d'imposition : reçu généralement entre juillet et septembre 2026, avec calcul de votre impôt sur le revenu basé sur la déclaration. Important : ne déclarez pas trop tôt non plus. Attendez d'avoir reçu tous les éléments (relevés de cotisations Madelin, attestations diverses) pour éviter de devoir faire une déclaration rectificative.
Erreur 1 — oublier de déclarer ses cotisations sociales versées en 2025. C'est l'erreur la plus fréquente : on oublie de reporter le montant exact des cotisations payées dans l'année, ce qui empêche la régularisation correcte. Le relevé annuel de cotisations envoyé par l'URSSAF en début d'année doit servir de référence. Erreur 2 — confondre revenu pro et chiffre d'affaires. Pour un régime réel (BIC ou BNC), c'est le bénéfice (CA – charges déductibles) qu'on déclare, pas le CA brut. Confondre les deux fausse complètement le calcul. Erreur 3 — mal renseigner les cotisations Madelin. Les plafonds Madelin varient selon le type de contrat (retraite, prévoyance, mutuelle, etc.) et selon le revenu. Demandez les attestations Madelin de chaque assureur et reportez les montants exacts. Erreur 4 — oublier le conjoint collaborateur. Si votre conjoint a ce statut, il faut le déclarer dans la 2042-C-PRO et indiquer la base de calcul retenue. Sinon, il perd ses droits sociaux. Erreur 5 — déclarer des dividendes mal qualifiés. Pour les gérants majoritaires, la part de dividendes au-delà de 10 % du capital social + primes d'émission + comptes courants associés est soumise à cotisations sociales TNS. Cette part doit être reportée dans la section sociale, sinon vous risquez un redressement ultérieur.
La DSFU peut se remplir manuellement, mais l'automatisation est devenue la norme — y compris pour les artisans seuls. Option 1 : un logiciel comptable agréé. Des solutions comme Indy, Tiime, ou Pennylane proposent une compta automatisée pour TNS, avec génération automatique de la DSFU à partir de votre comptabilité. Vous saisissez vos factures et vos dépenses au fil de l'eau, le logiciel calcule votre bénéfice et pré-remplit les rubriques de la 2042-C-PRO. Avantage : gain de temps massif (de 10-15 heures de déclaration manuelle à 1-2 heures de vérification), et fiabilité du calcul. Indy est agréé par l'administration fiscale comme plateforme partenaire, ce qui garantit la conformité de votre déclaration. Option 2 : un comptable. Pour les artisans à revenu plus élevé (au-dessus de 60-70 000 € de bénéfice annuel), un comptable peut être plus rentable. Coût indicatif : 1 000 à 2 500 € par an pour une compta complète + DSFU + suivi des cotisations. Avantage : conseil personnalisé sur les optimisations (statut, dividendes, Madelin, etc.). Option 3 : combinaison. De plus en plus d'artisans utilisent un logiciel comptable au quotidien (compta automatisée) et consultent un expert-comptable une ou deux fois par an pour optimiser (3-500 € pour la mission d'optimisation et de validation). C'est souvent le meilleur compromis prix/qualité.
La DSFU a simplifié la vie administrative des artisans indépendants en remplaçant deux déclarations par une seule. Pour 2026, l'enjeu est double : bien remplir toutes les rubriques de la 2042-C-PRO (notamment les sections sociales) et profiter automatiquement de la nouvelle assiette unique issue de la réforme. Le bon réflexe : équipez-vous d'un logiciel comptable agréé qui automatise la DSFU à partir de votre comptabilité courante. Vous gagnez du temps, vous fiabilisez votre déclaration, et vous optimisez automatiquement vos cotisations.
Non. La déclaration sociale des indépendants (DSI) a été définitivement supprimée pour les revenus 2023 et au-delà. Tout passe désormais par la DSFU intégrée à la déclaration fiscale 2042-C-PRO.
Oui, même un bénéfice nul ou un déficit doit être déclaré dans la 2042-C-PRO. C'est ce qui permet le calcul des cotisations minimales et le maintien de vos droits sociaux. Une absence de déclaration peut entraîner une taxation d'office.
Les dates limites de déclaration en ligne 2026 s'échelonnent entre fin mai et début juin selon votre département (zone 1 : ~25 mai ; zone 2 : ~1er juin ; zone 3 : ~8 juin). La régularisation des cotisations sociales intervient ensuite à l'automne 2026.
La version papier reste possible uniquement pour les personnes qui n'ont pas la possibilité de déclarer en ligne. Pour la majorité des artisans, la déclaration en ligne est obligatoire et largement plus simple grâce au pré-remplissage.
Vous pouvez modifier votre déclaration en ligne jusqu'à la date limite. Au-delà, une déclaration rectificative est possible jusqu'au 31 décembre de l'année. Au-delà encore, une demande de rectification peut être adressée à l'administration, sous réserve des délais de prescription.
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